La Santé Mentale : Accepter la réalité et cultiver l’équilibre.


Prochains rendez-vous / mercredi, mars 26th, 2025

On définit souvent la santé mentale1 comme un état de bien-être. Mais cette conception me semble réductrice, car le sentiment de bien-être ne peut être un signe de bonne santé face aux épreuves que nous traversons immanquablement. La vie nous malmène parfois : accidents, maladie, deuils, violences… Il est alors légitime d’éprouver de la colère lorsque nos droits sont bafoués, de la peur devant le danger, de la peine face à la perte et au deuil, ou bien encore de se sentir démuni face à des comportements incompréhensibles ou déstabilisants. Chercher à se sentir bien dans de telles situations serait non seulement inadapté, mais aussi potentiellement dangereux pour notre santé, voire pour notre survie.

Notre bonne santé mentale, réside avant tout dans notre capacité à faire face à la réalité, même lorsqu’elle est douloureuse, contrariante ou décevante. Cela nécessite d’accueillir l’impact de cette réalité sur nous et nos proches, avec tout le florilège d’émotions qui l’accompagne : colère, tristesse, peur, mais aussi joie ou curiosité. En effet, ce sont ces émotions et surtout ce qu’elles révèlent de nos besoins profonds, qui nous aident à ajuster nos comportements et nos choix face aux événements qui surviennent.

Être en bonne santé, c’est aussi pouvoir estimer nos propres ressources pour nous adapter, mais aussi reconnaître nos limites. C’est savoir prendre soin de nous-mêmes et nous accepter, sans nous reprocher d’être ce que nous sommes ou ce que nous ne sommes pas. C’est également croire en nous, en notre capacité de développement et de dépassement.

Un des facteurs essentiel à notre équilibre mental réside également dans notre aptitude à établir des relations de qualité avec notre entourage, à être attentif à leurs besoins et à accepter qu’ils puissent eux aussi prendre soin des nôtres, dans une dynamique de soutien mutuel.
Cela n’implique pas d’éviter les conflits ou les désaccords — n’oublions pas qu’être réaliste, c’est aussi accepter l’inévitable — mais de pouvoir les aborder de manière mesurée, voire proportionnée.

Être en bonne santé mentale, ce n’est donc pas chercher à se sentir bien en toutes circonstances, ni fuir l’inconfort ou l’impuissance. Ce n’est ni nous résigner ni nous acharner, mais c’est agir quand et comme nous le pouvons, dans le respect de nos valeurs et de ceux qui nous entourent.

Un empereur et philosophe romain, Marc Aurèle, écrivait au début de l’ère chrétienne : « Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé, le courage de changer ce qui peut l’être, mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. »

J’apprécie particulièrement cette pensée, gage d’une grande lucidité, qui résume bien ce que pourrait être notre bonne santé mentale. Et c’est dans cette optique que j’envisage pour ma part mon travail de psychothérapeute.

1www.ameli.fr : La santé mentale est un état de bien-être, indispensable pour se sentir en bonne santé…